La France se met enfin à l’heure de l’art contemporain africain

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Fronton de l’exposition « Afriques Capitales » de Simon Njami à la Villette

On ne présente plus Simon Njami !

Né en 1962 au Cameroun cet homme de lettres et de culture est tour à tour écrivain, essayiste, critique d’art et commissaire d’expositions.

En matière d’art contemporain africain son curriculum vitae est un parcours sans faute : Directeur artistique des Rencontres de la photographie de Bamako de 2001 à 2007, co-commissaire du premier pavillon africain de la 52éme édition de la  Biennale de Venise en 2007, directeur des Triennales de Luanda et de Douala en 2010, Directeur artistique de la 12ème édition de Dak’art, Biennale d’art contemporain à Dakar en 2016 …

Basé à Paris où il a fondé la Revue Noire dans les années 1990 avec son acolyte de toujours Jean-Loup Pivin, Simon Njami travaille essentiellement à l’international et sur le continent africain car la capitale française peine à se mettre à l’heure de l’art contemporain africain.

Commissaire de l’exposition  » Africa Remix » à Beaubourg à Paris en 2005, Simon Njami a attendu plus de douze ans avant de pouvoir enfin présenter à nouveau en France l’incroyable étendue de son talent à rassembler des artistes et à sublimer leurs œuvres dans des scénographies où il excelle.

Désigné par la galeriste Dominique Fiat à l’initiative d’une manifestation plus globale intitulée Africa Aperta, Simon Njami est le commissaire de l’exposition  » Métropolis Afriques Capitales » qui se tiendra dans la Grande Halle de la Villette jusqu’au 28 mai 2017.

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Simon Njami entouré des artistes de l’exposition dans le salon marocain imaginé par l’artiste Hassan Hajjaj.

Inaugurée le 28 mars dernier, elle rassemble les œuvres pluridisciplinaires ( photographies, vidéos, installations, peintures … ) d’une cinquantaine d’artistes originaires du continent africain ou de la diaspora que le public parisien aura loisir à découvrir pendant presque deux mois à la Villette, avant de retrouver certains de ces artistes dans un deuxième volet de l’exposition qui se tiendra à Lille jusqu’en septembre 2017.

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Vue de l’exposition « Afriques Capitales » de Simon Njami à la Villette

Presque 30 ans après « Magiciens de la Terre » première exposition d’art contemporain africain à Paris proposée par Jean-Hubert Martin dans cette même hall de la Villette, Simon Njami a relevé le défi de présenter une Afrique résolument contemporaine soutenue par des artistes avec des propositions artistiques puissantes qui reversent en un coup d’œil tous les préjugés que le visiteur non averti peut avoir du continent !

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Africa Untitled – Installation d’Ato Malinda, 2017

L’exposition conçue comme un labyrinthe invite à une déambulation curieuse dans une lumière douce et nocturne où il est plaisant de se perdre et de flâner en écoutant la Symphonie urbaine, création sonore crée pour l’occasion par Lucas Gabriel, à la découverte du dynamisme de l’art contemporain africain qui réunit des artistes autour de la question de l’urbanisation des villes africaines.

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Installation Labyrinth de Youssef Limoud, 2017

Le parcours de l’exposition est construit comme un labyrinthe qui se dessine à partir de l’installation monumentale en pierre au cœur de l’espace de l’artiste égyptien  Youssef Limoud. intitulée non sans hasard : Labyrinth.

 » Entre ordre et chaos, structure et ruines, la fragilité du corps humain et la violence de la réalité à la fois dans ses aspects métaphoriques et littéraux, ce travail parle de la destruction qui nous entoure et qui ne cesse jamais de menacer notre existence qui, en elle-même, constitue également une manière de labyrinthe » précise Youssef Limoud.

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« Notre pari a été d’inventer la ville de toutes les villes. Une ville qui n’appartiendrait à personne, mais dans laquelle chacun pourrait trouver des repères qui lui soient personnels. Certains chercheront à reconnaître telle ville en Afrique ou telle ville dans le monde, lorsqu’en réalité nous serons plongés dans une fiction dont le but est de faire surgir l’essentiel et de plonger l’audience dans une vérité différente » nous confie Simon Njami.

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Falling Houses (1,2,3), Sculptures de Pascale-Marthine Tayou, 2014

En effet, à l’image des maisons qui tombent  » Falling Houses » pensées par l’artiste camerounais Pascale Marthine Tayou, nous sommes complétement déboussolés et perdons nos repères dans cette ville imaginaire.

« Cette maison suspendue au plafond est la maison des dogmes, des joies, du répit, des peurs, des frustrations, du malheur, du bonheur. Cette maison c’est nous, l’espèce humaine » résume l’artiste Pascale Marthine Tayou.

Cet évènement important à l’échelle locale où il est rare de voir des expositions consacrées aux artistes venus du continent africain, trouve tout son écho à l’échelle internationale, car par le voyage des esprits permis par toutes ces œuvres, il permet de repenser une géographie où les frontières s’effacent …

 » En perdant le visiteur dans un monde qu’il serait incapable de revendiquer totalement,  nous entendons le contraindre à se penser autrement et à penser l’altérité en des termes nouveaux » conclut Simon Njami.

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Négociations sentimentales acte V, Joël Andrianomearisoa, 2014

 

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