Un printemps parisien très africain

L’art contemporain a vu ses limites traditionnellement restreintes à un marché occidental, s’étendre à d’autres continents. En 1989, sous le commissariat de Jean-Hubert Martin, a eu lieu « Les Magiciens de la terre » première exposition qui rassemblait des artistes du monde entier, dont de nombreux artistes africains. En 2005,  Simon Njami, alors commissaire de l’exposition « Africa Remix », présentait une centaine d’artistes africains au Centre Pompidou. Douze ans après, il était temps de refaire à Paris un état des lieux de la création contemporaine africaine. L’année 2017 promet d’être foisonnante en événements et sera l’occasion de réinterroger ou de redécouvrir l’art contemporain africain !

A voir avant le printemps

L’année 2016 s’est clôturée avec la première édition de l’AKAA, première foire parisienne d’art contemporain africain. Cette frénésie parisienne pour l’art contemporain africain n’est pas prête de s’arrêter, l’année 2017 sera riche en événements !

L’exposition Vivre !! présentant la collection d’art contemporain d’Agnès B. au Musée de l’Immigration s’est achevée le 8 janvier 2017. Imaginée par le Commissaire Sam Stourdzé, directeur des Rencontres de la photographie d’Arles, elle rassemblait entre autres les œuvres de Roger Ballen, Jean-Michel Basquiat, Vincent Michéa, Malick Sidibé, Chéri Samba, Fréderic Bruly Bouabré, ou encore Bodys Isek Kingelez.

Démarrée à la Fondation Blachère depuis le 27 octobre 2016, l’exposition Qu’il est loin mon pays de Cheick N’Diaye et Vincent Michéa, se poursuivra quant à elle jusqu’au 28 janvier 2017.

Il est intéressant de constater qu’en 2016, lors de la première exposition collective du prix Marcel Duchamp au Centre Pompidou,  assurée par la conservatrice Alicia Knock,  trois nommés sur quatre étaient des artistes d’origine africaine : Yto Barrada (Maroc), Kader Attia (Algérie) et Barthélémy Toguo (Cameroun). Petite révolution donc, à voir jusqu’au 30 janvier 2017.

La galerie Imane Farès présentera Hope is a good swimmer, première exposition personnelle de l’artiste sud africain James Webb, pionnier des installations sonores, sous le commissariat de Medhi Brit, jusqu’au 11 février 2017.

Un printemps parisien très africain

Veronique © photo by Hassan HajjajVéronique – Copyright – Hassan Hajjaj Installation in-situ
Courtesy de l’artiste et Africa Aperta

C’est au printemps que l’on va voir fleurir une saison africaine. Evénement majeur de cette saison : l’Afrique sera l’invitée d’honneur d’Art Paris Art Fair du 30 mars au 2 avril 2017 au Grand Palais. Ce focus confié à Marie-Ann Yemsi,  s’attachera  à  promouvoir  la richesse et la diversité de la création contemporaine d’une Afrique plurielle à travers une sélection de galeries et d’artistes issus du continent africain et des diasporas. Une journée de rencontres avec des artistes et des acteurs culturels (écrivains, philosophes, économistes) autour de la thématique « Habiter la frontière » aura lieu à « La Colonie »,  le nouvel espace culturel à l’initiative de Kader Attia prix Marcel Duchamp 2016. Un programme vidéo dans une black box intitulé «  Les territoires du corps »  et des projets spéciaux viendront enrichir cette manifestation. Une plateforme sera dédiée à la production éditoriale et critique avec revues d’art et œuvres d’artistes utilisant le livre comme médium.  Enfin des talks autour des nouvelles pratiques éditoriales et de la production critique en Afrique, viendront rythmer ce week-end prometteur.

Art Paris a par ailleurs imaginé un parcours VIP avec d’autres institutions parisiennes qui présenteront au même moment des expositions en lien avec le continent.

Edward Curtis – Desert Queen, 1898

Au Mona Bismarck American Center, l’exposition « Posing Beauty dans la culture africaine-américaine », avec pour commissaire Raina Lampkins-Fielder, explorera la beauté de la femme africaine, du 9 mars au 25 juin.

Pour le Festival 100% à La Villette, Dominique Fiat, fondatrice d’Africa Aperta, a proposé une programmation 100% Afrique en 2017. «  Il s’agit d’une manifestation que j’ai imaginé pluridisciplinaire autour de la scène contemporaine africaine, avec une grosse exposition d’art africain contemporain « Afriques Capitales » du 28 mars au 21 mai conçue par le commissaire Simon Njami  -directeur artistique de la 12e édition de la Biennale de Dakar-, mais aussi une programmation de théâtre, musique, danse, cinéma, architecture, design, mode et créations culinaires… Nous souhaitons donner un panorama de la création contemporaine africaine le plus large possible » s’enthousiasme-t-elle. L’exposition, ayant pour thématique le phénomène d’urbanisation,  regroupera  43 artistes dont William Kentridge (Afrique du Sud), Pascale Martine Tayou (Cameroun), Joël Andrianomearisoa (Madagascar), Emo de Medeiros (Bénin), François Xavier Xbré (Côte d’Ivoire), Julie Mehretu (Ethiopie) …

Myriam Mihindou – Sculpture de chair – 1999-2000

La commissaire indépendante Sonia Recasens présentera un solo show de Myriam Mihindou intitulé « La Sève du Nkoso » à L’Appartement du 17 mars au 2 avril. « Réalisées entre 1998 et 2016, les œuvres réunies pour l’exposition dessinent les contours du processus créatif de l’artiste, qui n’a de cesse de sonder la mémoire du corps, tour à tour intime et universel. » commente-t-elle.

Soly Cissé, Les initiés, 2015
Collection particulière
© Archives Musée Dapper, photo Aurélie Leveau.

Le Musée Dapper proposera « Les figures de la transgression »  une exposition  d’une douzaine d’œuvres de l’artiste sénégalais Soly Cissé, du 24 mars au 1er mai.

Le Musée de la Chasse consacrera une exposition à l’artiste sud-africain Roger Ballen en collaboration avec Hans Lemmen du 7mars au 4juin.

La Fondation Louis Vuitton, d’avril à août, présentera les créations de l’Afrique sub-saharienne au travers de 3 expositions : «Les Initiés », réunissant les œuvres de quinze artistes emblématiques de la collection d’art africain de Jean Pigozzi constituée entre 1989 et 2009 par André Magnin, « Être là » avec les artistes tutélaires d’Afrique du Sud mais aussi de jeunes artistes dont les œuvres sont symptomatiques des nouveaux enjeux identitaires liés à la période postapartheid, et enfin la présentation d’œuvres liées à l’Afrique, choisies dans la Collection de la Fondation Louis Vuitton.

Aida Muluneh, City Life, 2016 – Courtesy de l’artiste et David Krut Projects New-York, Johanesburg 

L’Institut du Monde Arabe proposera « Afrique » d’avril à juillet 2017, avec une exploration inédite des liens étroits tissés entre le monde arabo-musulman et l’Afrique sub-saharienne. Conçue comme une odyssée visuelle et sonore traversant quatorze siècles d’histoire, du 8ème siècle à aujourd’hui, cette exposition présentera des œuvres contemporaines d’Hassan Musa (Soudan), Abdoulaye Konaté (Mali), Youssef Limoud (Egypte), ou encore Aïda Muluneh (Ethiopie).

En même temps qu’Art Paris Art Fair, aura lieu le Salon Zürcher Africa (27 mars – 2 avril) pour la première fois à Paris à l’initiative de Bernard et de Gwenolee Zürcher, à la galerie Zürcher, 58 rue chapon dans le 3ème arrondissement. Le galeriste Sitor Senghor a déjà confirmé sa participation et compte parmi les 5 galeries invitées pour cette édition. Il présentera un solo show d’Ernest Dükü : « J’entends montrer exclusivement le travail d’Ernest Dükü en permettant aux collectionneurs de rentrer le mieux possible dans l’univers onirique, symbolique et vivant de ce grand griot ivoirien. » nous confie Sitor Senghor. L’occasion de retrouver également les galeries : Angalia (Paris), AKA galerie (Ouganda), la galerie africaine (Paris), ou encore Out of Africa (Barcelone). Une deuxième édition de salon Zürcher Africa aura lieu à New York pendant la 1.54.

IMG_1210.jpgErnest Duku – Spiritual brotherhood @ kurumaatawale lab (détails). H243 xL100 cm. Dessin lavis et collage sur papier chinois froissé.

Espérons qu’avec tous ces événements, Paris parvienne à tirer son épingle du jeu et à prouver à sa grande sœur londonienne, qu’elle est aussi une capitale qui compte en matière d’art contemporain africain. En effet, alors qu’AKAA la première foire parisienne d’art contemporain africain a eu lieu en 2O16, la foire 1 :54 à Londres, existe depuis 2013, et parvient chaque année à se réinventer mais aussi à rassembler toujours davantage d’artistes et de collectionneurs !

Article publié page 16 de la revue Artaissime n°15

http://asp.zone-secure.net/v2/index.jsp?id=4043/7514/67912&lng=fr

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Une réflexion sur “Un printemps parisien très africain

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