Joël Andrianomearisoa : conversation without beginning or end

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A l’occasion d’un talk imaginé par la commissaire Koyo Kouoh, et modéré par Huguette Malamba, dans le cadre du Forum de la 4ème édition  de la 1.54,  Joël Andrianomearisoa, revient sur son parcours, son actualité et la question de la temporalité dans son travail.  Cette conversation, sans début ni fin, est une rencontre inédite avec l’artiste et les femmes qui aiment son travail.

Joël Andrianomearisoa : « Pourquoi Koyo a-t-elle choisi ce titre ? Vit-on aujourd’hui par rapport à un début ou à une fin ?  En tout cas, dans mon travail, la temporalité est extrêmement importante.  Je travaille avec différentes matières, dans différentes géographies, de Madagascar à Paris, en passant par Londres. Ma dernière exposition à la Tyburn Gallery à Londres, s’intitule  Last year in Antananarivo, elle parle du passé et répond à la question du temps.  Le point de départ de cette exposition sont deux images que j’ai trouvées dans les archives coloniales de Madagascar (FTM archives) ; elles datent de 1900 et sont intitulées le Bal Malgache. Les malgaches étaient invités à un bal et déguisés en gens civilisés, ils ne s’y amusaient pas du tout et étaient juste des pantomimes. J’ai décidé d’utiliser ces images comme un vrai médium, je les ai découpés en quatre pour proposer un nouveau cadrage et une nouvelle lecture. Huit robes sont présentées. J’ai utilisé les sahris indiens. Madagascar est proche de l’Afrique et de l’Inde. Ensuite dans cette exposition, je présente des objets noirs, qui sont des objets moulés, j’ai gardé la forme et la mémoire de l’air. Les objets ont une forme mais ils sont vides. »

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Koyo Kouoh : « Ton travail est toujours dans l’entre-deux : entre mode et arts plastiques. Est-ce conscient et que veux-tu exprimer par cet entre-deux ? »

Joël Andrianomearisoa : « ça m’a pris du temps de comprendre ce que je faisais. Tu as raison, Koyo, quand tu dis que je suis intéressé par cet entre-deux. Peut être parce que je suis malgache, et que géographiquement je suis entre deux : entre l’Afrique et l’Inde. Je dirai qu’aujourd’hui je suis entre la chaine et la trame. Je m’intéresse aussi à l’espace entre les gens, à tous ces moments fragiles. »

Koyo Kouoh : «  Tu es un artiste de Revue Noire. Tu as fait une très belle installation cette année à la Biennale de Dakar intitulée  la maison sentimentale. Quel lien fais-tu entre la Maison Revue Noire et la maison sentimentale ? »

Joël Andrianomearisoa : « Revue Noire est une famille avec laquelle je partage des valeurs esthétiques. La maison sentimentale que j’ai présenté à la dernière biennale de Dakar, faisait référence à cette histoire familiale, aux émotions que j’ai pu avoir dans cette famille. »

Marie-Ann Yemsi : « A Bamako en 2015, tu as entamé à mon sens un nouveau chapitre de ton travail. Tous les éléments étaient là mais tu les as redéployé en tirant un peu plus loin les fils de ton histoire, les fils qui te relient à ton archive familiale, sentimentale. Est-ce que ce que tu nous présentes à Tyburn Gallery est une continuation de ces fils que tu tires ? »

Joël Andrianomearisoa: «  Tout était dans mon esprit. Toutes ces archives sentimentales et familiales. Maintenant, c’est le moment opportun de remettre les choses à plat, de construire la matérialité de ces archives. Je vais continuer ce processus de création. »

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Koyo Kouoh : «  Pour moi ton travail est très poétique. Comment expliques-tu cette poésie dans tes œuvres ? »

Joël Andrianomearisoa: « J’aime l’idée de la beauté des choses et de leur poésie. L’équilibre entre le drame, la mélancolie et la beauté. Il y a également de la poésie dans la nonchalance. Les moments de mélancolie sont des moments de flottements poétiques.»

Sabrina Amrani, sa galeriste à Madrid  conclut: « Joël c’est un chercheur de lumières, il est toujours en train de faire des investigations sur la couleur noire et il travaille également sur les émotions. Sur la foire on présente une pièce très représentative de son travail c’est une tapisserie monumentale en tissus de couleur noire, faites de bouts de vêtements qu’il a collecté chez ses amis, sa famille, des gens qui ont compté dans sa vie. Face à ce monochrome on découvre toutes les nuances et la lumière du noir.  Cette pièce illustre très bien la 1 :54, ici on a 54 nuances de noir. Le travail de Joël est très sensible et très universel finalement. Les visiteurs du stand font allusion à Pierre Soulages ou à Rothko. »

 Le titre de l’article fait référence au titre du talk imaginé par Koyo Kouoh pour le forum à l’occasion de la 4ème édition de la 1.54

Images Courtesy de l’artiste.

Last year in Antananarivo, Tyburn Gallery, Londres,  jusqu’au 23 décembre 2016.

ww.tyburngallery.com/exhibition/last-year-in-antananarivo/

 

 

 

 

 

 

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