Une partie de foot sans ballon

timbuktu

A l’heure de l’Euro de football, il m’a semblé  essentiel de rappeler que dans certains pays jouer au foot est un acte de résistance.

 Texte inspiré du film Timbuktu d’Abderrahmane Sissako

Mon terrain de foot n’est pas tout à fait homologué.

Dans mon pays, il fait trop chaud pour faire pousser quoi que ce soit.

Pas de gazon, mais du sable amassé des tempêtes du désert mouvant.

Il n’est pas rare de voir passer un âne sur notre terrain sableux.

Malgré nos maillots dépareillés, souvent  achetés aux vendeurs ambulants ou aux fripiers au Grand marché le dimanche,  je sais pertinemment reconnaître les joueurs de mon équipe, car nous sommes  les plus rusés.

Le sable crée des nuages de poussière qui nous aveuglent et la chaleur nous accable mais ma passion est vibrante.

Nos chaussures quand nous en avons ne sont pas à notre taille, soit trop petites soit trop grandes.

Certains jouent pieds nus. Ils courent de façon effrénée tant le sable leur brûle les orteils.

L’arbitre siffle mais le son ne sort pas, on comprend  cependant qu’il y a faute.

Penalty pour mon équipe.

Je me concentre, je regarde le gardien.  Je marque le plus beau but de ma vie.

Ce but sera à jamais gravé dans ma tête et dans mon cœur.

Dans mon pays on joue au foot sans ballon.

Le football et la musique y sont interdits.

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