Au temps où les arabes dansaient …

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Quatre danseurs pieds nus, vêtus de pantalons à pinces, chemises ajustées avancent lentement en ondulant du bassin et des fesses, ils se déhanchent en silence, s’emparant de ce mouvement sensuel, traditionnellement réservé aux femmes dans l’exécution de la danse du ventre.

Ils roulent des hanches, en saccadée, en fluidité, en souplesse, en sensualité, et varient les rythmes. Tout leur corps est bientôt entraîné par ce mouvement de bassin jusqu’aux épaules emballées par les secousses, les soubresauts. Un frisson s’est emparé de leurs corps, il remonte le long de l’échine et leur fait perdre la tête.  Cette frénésie qui vient du ventre devient incontrôlable, une danse en transe, une transe en danse …

A genoux, têtes baisées, ils prient, puis se redressent en protégeant de leur main leur sexe.

Ils s’agenouillent à nouveau, invoquent leur dieu censé les guider, mais les bras tendus vers le tout puissant se transforment en bras de danse du ventre, tortueux et gracieux. L’appel de la danse est plus fort que l’appel de la prière !

Dans une scénographie magnifiquement épurée composée exclusivement de tapis orientaux alignés horizontalement au fond du plateau, Radhouane El Meddeb, met en scène ces hommes possédés par leur désir, et pose ainsi la question de la compatibilité de ce dernier avec une vie spirituelle.

Un homme enlève sa chemise, il en ceinture la taille de cette autre silhouette, la fait danser un temps avant de  la voiler intégralement par étape : les cheveux, le nez, la bouche et tout le visage … Fondu au noir … Trou noir d’une sombre époque. Alors que la lourdeur de l’absence de musique amplifiait la dramaturgie depuis le début, la musique de la mythique chanteuse égyptienne Nawit El Onci retentit enfin et donne un second souffle bien plus léger et joyeux à la pièce.

Un danseur allume une cigarette, et dans ce nuage de fumée, on glisse dans une autre époque, un eldorado disparu … Danses traditionnelles masculines de ces hommes désormais torse nus en ronde tapant des pieds.

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Farandole de danseuses du ventre, starlettes pailletées sur écran géant de cinéma qui ont marqué non seulement l’histoire, et au delà tout un peuple captivé. Nostalgie fascinée de cette époque révolue où les charmeuses virevoltaient dans leurs costumes somptueux et faisaient friser les moustaches de ces messieurs si élégants qui se laissaient étourdir par le jeu de la séduction le temps d’une danse …

Les vidéos ces temps lointains et glorieux, viennent nous rappeler, qu’il fût un temps où les arabes dansaient …

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