Robyn Orlin pointée du doigt …

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Tout avait pourtant si bien commencé, une place au premier rang, Fabrice Lucchini en personne qui me précède et m’ouvre les portes du Théâtre de la Ville avec un sourire en prime, et pourtant la déception est bel est bien au rendez- vous. Alors que rien que le nom de Germaine Acogny et de ce lieu magique du théâtre de la Ville (quand je pense à Café Muller !)  avaient suffi à me convaincre de courir pour la première de At the the same time we were pointing a finger at you, we realized three at our selves de la chorégraphe sud africaine Robyn Orlin.

Une scénographie faite de bassines colorées en plastique empilées plante le décor : nous sommes en Afrique. Les danseurs apparaissent au compte de gouttes : flic flac, c’est le bruit de ces tongs qui claquent dans les flaques de pluie, rappelant la présence de la Chine en Afrique qui inonde le continent de plastique (tongs, bassines, théières, nattes… ) et défie toute concurrence.

Le mur s’écroule, les bassines dégringolent et commence alors une joyeuse pagaille colorée et interactive qui aurait été sympathique si elle n’avait pas duré toute la pièce. Germaine Acogny apparaît en vidéo elle gronde comme la tempête et rappelle les huit danseurs de sa compagnie Jant Bi à l’ordre : « n’oubliez pas le titre de la pièce » … puis disparaît comme une éclipse.

Ces recommandations restent lettre morte, puisque Robyn Orlin, grande chef d’orchestre de ce bal masqué sans queue ni tête, joue la surenchère des effets : envoi de sms  en simultanée, vidéo selfie des danseurs en temps réel, et pluie de costumes dignes du carnaval de Rio.

Alors que le public est déjà las de toute cette énergie gaspillée ce qui est déplorable au vue la qualité des danseurs qui n’est pas exploitée, la performance est poussée à son paroxysme puisque commence la cérémonie du simb appelée aussi cérémonie du faux lion : une immense partie de chasse au milieu du public pris en otage.

Finalement au bout d’une heure et 10 minutes d’agitation colorée, la pièce touche enfin à sa fin et s’attaque aux politiques français : Manuel Valls, Marine Lepen …  Le lion ne mange pas Marine Lepen car c’est de la viande avariée … Ces éléments de la brûlante actualité semblent avoir été copié collé à la dernière minute pour rendre la pièce politique et sauver les apparences. On en ressort perplexe, quel était le propos exactement de cette pièce au titre à rallonge et fourre tout ?

Si Robyn Orlin a eu le mérite de prendre le contrepied de toutes ces pièces qui dépeignent toujours un tableau pessimiste et larmoyant de l’Afrique (guerre, pauvreté,sida, corruption politique), l’Afroptimisme mal dosé et mal maîtrisé peut s’avérer plus dévastateur encore et ne fait qu’amplifier les clichés … Dommage !

 http://www.theatre-video.net/video/At-the-same-time-we-were-pointing-extraits-68e-Festival-d-Avignon

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Une réflexion sur “Robyn Orlin pointée du doigt …

  1. Coucou Claire,
    J’admire toujours ta plume..tu as vraiment un don de critique artistique ! continue à nous les envoyer 🙂

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