Nouons ensemble nos vêtements avec de la laine rouge …

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Dimanche 22 mars, à l’espace quinzequinze dans le 3 ème arrondissement de Paris, a eu lieu l’exposition éphémère le fil rouge de Baptiste Da Silva, dont j’étais la commissaire d’exposition.

Tout part de la robe blanche de son arrière grand mère, où il a recousu de laine rouge les plis comme marque du temps. Posée en vitrine comme la pièce phare de cette monstration éphémère, elle est le début et la fin de toute chose, elle relie les êtres et les époques. Derrière le canapé, accroché aux bretelles de la robe blanche, une cravate, puis un foulard, puis une veste, un pantalon, un manteau, une jupe … Tous ces vêtements ayant appartenu à l’artiste ou à des personnes aimées nous invitent à un voyage libre, une narration de tous les possibles. Une respiration fluide malgré les nœuds. Des histoires d’amour, des histoires d’amitiés, de liens qui résistent, un ballet incessant de rendez-vous manqués et de nostalgie du passé qui revient comme un vague à l’âme… Une longue chaîne de vêtements parsemée de listes de courses que l’artiste trouve dans la rue et s’amuse à encadrer comme des papillons rares. Ces listes, comme des petits bouts de papiers que l’on aurait oublié au fond d’une poche de pantalon ou de manteau, puis retrouvés comme souvenirs … Bribes du quotidien et éléments de narration, ce rouge à lèvres et ce mascara, seraient ils les apparats achetés avant la rencontre pour séduire et se nouer à l’autre à tout jamais … ?

C’est la première fois, que l’artiste Baptiste Da Silva présentait cette installation in situ.

Lui qui attache beaucoup d’importance aux regardeurs, il a permis un vrai moment de rencontre entre les œuvres et les visiteurs, grâce à son univers et sa poésie.

 LE FIL ROUGE

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Un fil rouge invisible relie ceux qui sont destinés à se rencontrer indépendamment du temps, de l’endroit ou des circonstances. Le fil peut s’étirer ou s’emmêler, mais il ne cassera jamais…  de cette tradition populaire asiatique l’artiste imagine ici une histoire, un conte entre deux personnes. Ce qui reste de cette histoire c’est cette corde de vêtements noués entre eux, comme ce fil rouge reliant les êtres.

Ce fil rouge est ici composé de vêtements ayant appartenu à ces deux personnes noués ensemble pour former un lien entre eux.

Comme un conte que ces deux êtres se serait raconté avant de se séparer, ils ont noué leurs vêtements ensemble et sont partis par delà les océans. Une corde de vêtements les reliant.

L’artiste veut ici questionner les relations humaines. Comment rester en communication malgré l’éloignement, les océans ou la mort. C’est encore par l’accumulation d’objets usuels que l’artiste souhaite questionner le regardeur sur sa propre relation à l’humain et aux relations qu’il entretient avec les autres.

L’artiste présente cette installation éphémère – pièce maîtresse de l’exposition parmi des travaux plus anciens – pour la première fois et souhaite provoquer une émotion à chaque regardeur et tisser ses propres liens.

Toutes les photos de l’exposition sont disponibles sur le site de l’artiste :

http://www.dasilvabaptiste.com/#!le-filrouge/c16cn

 QUI ?    

Originaire du sud de la France, Baptiste Da silva, 28 ans, vit et travaille à Boulogne Billancourt.

Très tôt, il dessine et fabrique des vêtements. C’est au travers de ses professeurs d’arts plastiques comme de théâtre qu’il découvre le moyen de s’exprimer par différents médiums. Il embrasse après son bac littéraire arts plastiques des études théâtrales.

Il en retient l’immense champs des possibles qu’offre la mise en scène.

Après cette année d’étude, il décide de partir rejoindre la capitale et d’étudier le stylisme et le graphisme.

Tour à tour, styliste puis attaché de presse pour diverses maisons Baptiste Da silva ressent le besoin en 2012 de tout arrêter pour se recentrer ne trouvant plus l’énergie des débuts de sa carrière en mode.

C’est à partir de là que se remet en marche sa pratique plastique nourrie à présent de son passé. Il invente, construit et installe ses « choses » comme ils les appellent dans un trio fondateur de sa démarche: lui(artiste); la choses montrée; le regardeur. Ces trois éléments forment à son sens l’œuvre finale.

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Par l’accumulation et la mise en scène d’objets usuels et quotidiens il semiotise un espace et invite le regardeur à interagir avec ses créations. À son sens ses « choses » sont des objets transitionnels qui tentent de questionner l’œuvre, l’artiste, le spectateur. Il a choisi comme médium l’humain en quelque sorte s’interrogeant sur la trace, la mémoire, l’oubli, la vanité, les inventaires, l’archivage et les sentiments.

C’est dans cette dialectique que l’artiste travaille, toujours questionner le regardeur par ses installations afin qu’il n’en ressorte non pas avec une réponse mais au contraire avec ses propres interrogations…

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