Mets tes baskets Blanche Neige on va en boîte !

 

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Laura Scozzi, chorégraphe italienne, s’est amusée à revisiter l’imaginaire waltdisney pour le superposer au monde hip hop à l’occasion de la 23 ème édition du Festival Suresnes Cités Danse au Théâtre Jean Vilar.

J’ai voulu subvertir les mythes. Disséquer les personnages. Déformer les actions clé. Massacrer l’imagerie de la culture de masse waltdisneyenne.

Ce n’est pas la première fois que la chorégraphe est invitée au festival, mais cette fois-ci avec Blanche Neige et les Sept petits cochons au bois dormant, elle a fait fort !

La célèbre princesse à la robe jaune et bleue semble avoir perdu ses amis les sept nains, mais elle a gagné en audace !

Décoincée (elle fume, boit et baise)  et multipliée, elle est tellement plus sympathique car moins niaise, affublée de ces baskets elle breake comme une reine !

Il y a beaucoup d’humour dans cette pièce construite comme un conte moderne grinçant.  Grâce à une scénographie et une mise en scène parfaites, Laura Scozzi ne tombe jamais dans le kitsch …

J’ai voulu prendre le contre-pied de l’histoire d’amour parfaite et raconter des princes et des princesses inaptes au bonheur, emportés par les facteurs extérieurs imprévisibles et incontrôlables de la vie.

Blanche Neige peut se transformer également en homme noir, et le petit chaperon rouge en ballerine masculine aux jambes poilues … Tout est permis dans l’univers ludique et décalé de Laura Scozzi !

J’ai voulu titiller d’autres possibles. D’autres routes navigables. Il fallait manipuler les codes, subvertir les références, malaxer les clichés. Il fallait entreprendre à la manière des ethnologues, une observation minutieuse des stéréotypes de représentation, pour mener ensuite une entreprise de déconstruction.

Il est question de genres dans un monde hip hop encore trop souvent homophobe et misogyne… mais aussi de couples mixtes. Des princes noirs courent après des princesses blanches qui ont égaré leur pantoufle de verre – clin d’œil délicieux à Cendrillon – des princes courent après des princes … Toutes les combinaisons les plus gaies et gay sont permises et tous les clichés volent en éclat avec l’explosion de la télévision comme happy end !

Morale de la fable de Laura Scozzi : les princes charmants n’existent pas et heureusement car la vie est beaucoup plus drôle ainsi quand rien ne tourne rond. On est loin de la fin classique : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants !

 

 

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