Samuel Fosso brouille les pistes !

fosso_samuel-xlDepuis Luanda, Claire Nini, envoyée spéciale, Triennale d’art contemporain africain 2010, Angola :

Le cycle Photographie AFRIQUE, qui a lancé la deuxième édition 2010 de la Triennale d’art contemporain Africain à Luanda, capitale de l’Angola, arrive à son terme.

Pendant près deux semaines, du 12 septembre au 25 septembre 2010, la Photographie était à l’honneur à la Triennale dans les quatre lieux d’expositions. Place maintenant à l’architecture ! La photographie a été cependant une belle entrée en matière, pour un coup d’envoi de la deuxième édition de la Triennale réussi.

Le travail de Samuel Fosso demeure emblématique de ce cycle photographie, puisqu’il a largement investi les lieux. Avec six photographies de sa série Tati à l’Espace Platinium, et 12 photographies de sa série Spirits au Musée National d’Histoire Naturelle, c’est le photographe dont le travail a été le plus visible et le plus largement représenté.

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Mais qui est exactement Samuel Fosso ? Difficile à dire, car l’artiste éprouve un malin plaisir à brouiller les pistes, tantôt marin au torse luisant et aux abdominaux dessinés, tel un Querelle, protagoniste du roman de Jean Genet, tantôt pirate, business man ou bourgeoise, dans sa série TATI, haute en couleurs.  Athlète au gant noir, et au poing levé, clin d’œil à Tommie Smith et John Carlos, empruntant tour à tour la panoplie d’Aimé Césaire, de Martin Luther King ou de Léopold Senghor dans sa série Spirits en Noir et blanc, Samuel Fosso est un farceur qui s’amuse tantôt en couleur tantôt en noir et blanc, et qui n’hésite pas à se travestir pour servir son art ! Mais dépassé le côté kitsch et loufoque, voire burlesque de ces photographies, qui nous rappellent presque malgré nous, l’univers coloré et fleuri de Pierre et Gilles, le message est plus sérieux … La série Spirits est comme un panthéon d’hommes et de femmes noirs célèbres, à qui le photographe rend hommage, en se glissant dans leur peau …les faisant revivre le temps du travestissement, la photographie de ce moment éphémère étant une œuvre d’art pérenne, témoignage artistique et historique de l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui.

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Ce photographe, né en 1962 au Cameroun,  vit et travaille aujourd’hui à Bagui, en République Centrafricaine. Sa thématique est essentiellement identitaire, grâce aux déguisements, Samuel Fosso « emprunte » des identités, afin de mieux trouver ou plutôt retrouver la sienne. Venu à la photographie, un peu par hasard, à l’âge de 13 ans, il travaille dans le magasin de photos de son oncle à Bangui et récupère les pellicules non utilisées par les clients.  A la fin de la journée, une fois le rideau de fer de la boutique tombé, il aime à se mettre en scène et prend pour habitude d’envoyer les clichés à sa grand-mère restée au Cameroun. Repéré lors des premières rencontres de la photographie de Bamako en 1994, il est aujourd’hui devenu un photographe de renom, élu parmi les 50 personnalités qui font le Cameroun, présenté à l’exposition AFRICA REMIX.

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Les photographies de Samuel Fosso sont empreintes d’humour, et bousculent les esprits, espérons que la photographie du chef fera réfléchir les occidentaux sur leur vision poussiéreuse et  pleine de clichés sur l’Afrique ! Car l’Afrique est résolument moderne !

La question de la contemporaineité de l’art africain ne devrait même plus se poser !

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