Kareyce Fosto, une véritable caresse pour le public luandais

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Depuis Luanda, Claire Nini, envoyée spéciale, Triennale d’art contemporain africain 2010, Angola :

Regard malicieux, et sourire charmeur, Kareyce Fotso, est une chanteuse camerounaise.  Après des études de biochimie, elle obtient un BTS d’audiovisuel et de photographie, elle s’attaque enfin pleinement à sa passion depuis toujours le chant. Tant qu’elle ramenait de bonnes notes à la maison, elle pouvait chanter, voici le compromis passé avec ses parents. Elle réussira finalement à les convaincre qu’elle ne veut faire que ça ! Son père, lui-même artiste car sculpteur ne rêvait pas d’une vie d’artiste pour sa fille, trop conscient des difficultés, il préférait l’imaginer en blouse blanche,  «  tu seras médecin ma fille ». Mais devant une si grande passion, et un talent évident, il ne pouvait que céder à sa fille.

Et cette dernière a fait ses preuves, finaliste du prix Découverte Rfi 2009, médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie au Liban, Ouverture des JO d’hiver de Vancouver, elle a déjà chanté dans 17 pays, en passant par Shanghai et les Etats-Unis. Autant de récompenses, autant de preuves qu’elle était faite pour le spectacle ! En 2008, elle est sélectionnée pour une résidence d’artiste de six mois à Bourges « Visa pour la création » avec Cultures France, et à ce titre elle bénéfice de 5000 euros pour finaliser son premier album Mulato.

Kwege est son  deuxième album signé avec le  label belge Contre-jour. Ce sont les chansons de ce deuxième album qu’elle nous a savoureusement offerts lors de son concert à Luanda dans le cadre de la Triennale. Ses chansons sont comme des fables contenant toujours  une petite morale sur la déforestation, les mariages forcés, la polygamie.

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Même si elle ne parlait pas portugais, la magie avec le public luandais a bel et bien opéré samedi soir. Lorsqu’elle entonne «  tu es très jolie » c’est le public qui lui rétorque «  tu es très jolie mademoiselle je t’aime !  ». C’est vrai qu’elle est jolie dans sa longue robe fleurie avec son collier traditionnel, enlaçant sa guitare.

Vient ensuite la chanson sur sa vilaine rivale Solange, qui lui a piqué son « chéri coco », elle nous confie que si elle l’a croise à Luanda elle la tue !

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Généreuse, elle danse, virevolte, joue de la guitare, dans la plus grande simplicité et crée ainsi une réelle complicité avec le public. «  Je n’ai pas besoin de musiciens ce soir, vous êtes mes choristes, vous êtes formidables ». Elle n’a pas besoin de solfège non plus, elle est entièrement autodidacte «  je n’ai pas appris la guitare, je ne sais pas écrire la musique, je prends donc beaucoup de libertés, face aux difficultés j’ai inventé ma propre technique ».

Ses influences musicales sont multiples, elle se souvient avoir été bercé par Kasav, que sa grande sœur écoutait en boucle. La meilleure définition pour sa musique selon elle est Afro folk avec des accents jazzy et bluesy «  je chante le blues naturellement, j’ai pas besoin de me forcer. » Certes Nina Simone l’inspire «  mais tout le monde m’inspire même Beethoven » confie t-elle en rigolant, telle une petite fille espiègle.

Tour à tour, elle nous émeut, et nous fait rire, sa voix résonne dans le théâtre comme une caresse camerounaise. Kareyce a en effet changé son prénom, lasse de subir les quolibets de ses camarades, elle s’appelait bel et bien Caresse, et ce n’est pas anodin !

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